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lundi 4 décembre 2017

Cana , en Phenicie selon Eusebe, st Jerome

Textes grec et latin à l'appui
Selon Martiniano Roncalia

jeudi 10 décembre 2009


http://hilda-barhoum.blogspot.com/2008/01/martiano-roncaglia-un-libanais-de-coeur.html 

Sur les pas de Jésus, le Messie, en Phénicie/Liban est l’ouvrage de maturité de Martiniano Roncaglia. Il y a mis l’essentiel d’une recherche entamée au début des années 80, à la demande du patriarche grec-catholique Maximos V Hakim. 
Pour l’orientaliste, aucun doute n’est permis : le Liban fait partie de la Terre sainte, tout comme la Palestine biblique. Les pieds du messie ont foulé la Galilée des nations (Jalil al-Oumam).
Il s’est rendu à Tyr et Sidon, à Sarepta, à Cana, ainsi que dans la Césarée de Philippe, aux pieds du mont Hermon, où pour la première fois l’apôtre Pierre a proclamé sa foi dans l’origine divine de son maître. 
Dans son ouvrage, publié en 2004 en anglais par les soins d’un éditeur qui sera également son ami, l’amiral de marine libanais Samir el-Khadem, directeur de l’Institut arabe d’études orientales et occidentales, Roncaglia déploie une érudition à toute épreuve, au service d’une tradition qui, depuis Eusèbe de Césarée, premier historien de l’Église, situe le village de Cana-de-Galilée, où Jésus a accompli son premier miracle, le changement de l’eau en vin, au voisinage de Tyr.
Roncaglia, du reste, n’était pas le premier à localiser au Liban le village de Cana cité par l’Évangile de saint Jean. Des historiens et des hommes de lettres l’avaient également affirmé, en se basant sur les mêmes documents (Youssef Hourani, Nina Jidéjian). Mais il a eu le mérite d’en faire l’exposé exhaustif et fouillé, ce qui rend plus difficile la réfutation des faits et vérités qu’il établit.

L’Église au Liban n’a pas encore pris l’entière mesure de l’importance de cette découverte historique. Elle continue de douter de la véracité des faits, les attribuant à quelque exaltation poétique infondée, en référence notamment au poète Saïd Akl, fervent partisan de la localisation en terre libanaise du Cana biblique.Pourtant, les faits sont là, clairs comme le jour, malgré les affirmations contraires, toutes hypothétiques, des archéologues et historiens étrangers, renforcées par d’évidents intérêts économiques et touristiques totalement étrangers à la vérité

Malgré un méritoire aménagement du site de Cana, le ministère du Tourisme pourrait, lui aussi, tirer de meilleures conséquences de ce que la présence de Cana au Liban signifie, sur le plan touristique et culturel. Mais sur ce dernier point, sa responsabilité n’est pas en cause, puisque la frilosité de l’Église du Liban empêche toujours ce site d’être ouvertement et généreusement mis en évidence, en particulier sur le plan religieux. Là, plus qu’ailleurs, la convivialité devrait jouer à plein pour que le village mixte de Cana soit désigné comme haut lieu de pèlerinage chrétien, aussi bien pour nous autres Libanais que pour le tourisme religieux étranger. Tout le monde y gagnerait, que ce soit sur un tableau ou sur l’autre. Il faut dire aussi que la guerre et les crises politiques au Liban n’ont pas beaucoup aidé à l’épanouissement du tourisme, qui est aujourd’hui, d’un certain point de vue, une industrie comme une autre.

Archéologie évangélique
Le cas de Cana, pour être emblématique du sous-développement culturel et archéologique dont souffre le Liban, n’est pas le seul fait à pouvoir être cité. 

L’ouvrage de Roncaglia nous introduit à une véritable « archéologie évangélique » et nous révèle des pans entiers de présence culturelle « phénicienne » indissociablement mêlée au quotidien du Jésus de l’histoire. Grâce à cette archéologie, nous suivons Marie et Joseph, puis Jésus adulte, dans le temple ; nous voyons le Christ déposant dans le trésor de la monnaie frappée à Tyr ; on nous rappelle que ce sont des artisans envoyés par le roi Hiram de Tyr qui ont construit le temple, avec du bois de cèdre généreusement acheminé du Mont-Liban ; on suit encore Jésus marchant sur les routes de Tyr, Sarepta (Sarafand) – où le prophète Élie l’avait précédé – et Sidon, gravissant la haute montagne de l’Hermon, site probable de la Transfiguration, fuyant les questions pièges des Pharisiens et prenant quelques jours de repos dans la Césarée de Philippe, non loin de Banias, des sources du Jourdain… et de Marjeyoun, où une Église dédiée à saint Pierre commémore toujours sa confession de foi.

L’ouvrage de Roncaglia est disponible dans ses versions anglaise et arabe, mais pas encore, malheureusement, en version française. 

Doit-on y voir un signe des temps ? Espérons que non, car il est souhaitable que cet ouvrage tout à fait abordable par l’amateur éclairé soit mis à la disposition des lecteurs francophones le plus vite possible.
 
Article de Fadi Noun " L'Orient Le Jour"